10 choses que vous ne devriez jamais acheter si vous aimez la nature


1. Les éponges de mer.



Les éponges de mer sont vendus comme des produits écologiques car naturels, doux et respectueux pour la peau. Ok, mais qu'entendez vous réellement par écologique ? Ecologique signifie t'il seulement fait à base de matériaux naturels ? A ce moment là, la plantation de champs de soja, les élevages ovins en lieu et place de la forêt amazonienne sont écologiques car organiques, et l'huile de poisson pour faire avancer les voitures pourrait être aussi une superbe découverte « écologique »... Mais ce n'est pas vraiment que nous avons d'une écologie respectueuse de la nature.


Au XXIème siècle la vie dans les mers et océans est déjà très mise à mal à cause de tous les polluants chimiques qui finissent par s'y accumuler, plus les problèmes liés à la surpêche industrielle, et la destruction partielle de la barrière de corail, le poumon vert océanique. Dans ces conditions, la pêche des éponges de mer n'est plus une pratique tolérable comme ce put l'être avant l'ère industrielle. Il y a une différence entre pêcher localement et à la main quelques éponges dans une mer propre, et pêcher des quantités faramineuses d'éponge dans une mer qui en a aujourd'hui absolument besoin pour épurer ses polluants. Les éponges sont des animaux-algues qui ont la capacité d'absorber les toxiques et il n'est pas concevable aujourd'hui d'arracher à la mer ses poumons et sa capacité d’auto régénération...


Par ailleurs l'éponge de mer n'est pas un produit indispensable à l'homme alors qu'il nécessite d'ôter la vie à un animal. A partir de ce moment là, rien ne justifie d'ôter ces animaux à leur milieu.

2. Le film aluminium

Voilà un produit qui trouve à être avantageusement remplacé en cuisine par la papier cuisson ou les boites hermétiques, qui est mauvais pour la santé en raison des particules qu'il libère, et qui de plus est une catastrophe écologique et humaine. Si nous savions comment est fabriqué le film d'aluminium il est certain que nous n'en achèterions plus.


Boues rouges dans les eaux de Sungau Balok à Pahang. Crédit photo: Malay Mail – Site cleanmalaysia.com



L'aluminium est extrait d'un minerai appelé la bauxite et qui se trouve malheureusement principalement en forêt tropicale et dont l'extraction est particulièrement polluante pour la vie alentour. L'Indonésie, la Chine, la Guinée et l'Inde sont les principaux producteurs de bauxite. La production de la bauxite nécessite la déforestation des forêts tropicales pour atteindre les gisements, le déplacement des populations autochtones, le déplacement du cours des fleuves et la mise en place de grands barrages hydroélectriques pour produire l'électricité nécessaire à l'extraction (15 megawatt/heure soit l'équivalent de la consommation d'un foyer pendant 5 ans...). Par ailleurs il faut forer des puits de stockage des déchets, quand ceux ci ne sont pas relargués directement dans la nature comme ce fut le cas pendant des années. La fabrication d'une tonne d'aluminium produit jusqu'à 4 tonnes de boue rouge toxique, avec des quantités de fer monstrueuses ainsi que des métaux lourds dangereux comme le plomb, le cadmium, l'arsenic, et le mercure.


En Malaisie, jusqu'en 2017 les mines étaient situées à proximité des écoles et ils y avaient autant de travailleurs illégaux mineurs que de travailleurs légaux. A Porto au Brésil, l'équivalent de 250 terrains de football est déforestée chaque année pour l'extraction de la bauxite. A Boa Vista, sur la rivière amazonienne Trombetas, les habitants autochtones ont tout perdu car les eaux de la rivière, de leur terre et du lac sont pollués, et ils se retrouvent à effectuer des sous travaux pour l'entreprise qui a pris possession de leur terre, détruit leur culture et leur vie. En France, des boues rouges en provenance du site de Gardanne ont atteint les Calanques de cassis et bien que les déversements aient cessé en 2016 ils subsistent sous une autre forme polluante.

3. La liseuse électronique



Non la liseuse électrique n'est pas écolo car elle évite de couper des arbres... La liseuse électrique est une catastrophe environnementale. Le problème vient des composants électroniques et minerais rares qu'elle nécessite à sa fabrication, plus le lithium, plus le plastique. Autant d'éléments dont la fabrication est extrêmement polluante en termes d'électricité et en termes de pollution de l'air, des eaux, de la terre et de la vie végétal et animale..Combien d'arbres coupés, de population animale détruite et de peuples autochtones parfois chassés de leur terre pour permettre l'extraction de ces matières premières ?


Le constat est sans appel, alors quele coût carbone nécessaire à la fabrication d'un livre serait de 1,3kilo de CO2, celle d'une liseuse reviendrait à 235 kilos selon l'étude Carbon 4. Pour amortir le seul facteur carbone il faudrait lire au moins 180 livres... soit plus qu'une bibliothèque domestique toute entière.


4. Les cotons démaquillants, cotons tige, tampons



Que savez vous de l'industrie du coton ? Le coton, quoi que prisée comme matériaux naturel reçoit 30 traitements avant d'être transformé soit en coton vestimentaire ou coton hygiénique...

A l'étape de la culture, il catalyse 25 % de tous les insecticides et 10% des pesticides vendus dans le monde alors qu'il ne représente que 2,5% de la production mondiale. Sa culture nécessite 120 jours d'arrosage sur 135...

Le coton ne pousse donc bien naturellement que sous les latitudes tropicales et humides comme en Inde, au Brésil, mais 50% du coton est arrosé, c'est le cas notamment du coton cultivé au Nord de l'Afrique..là où les réserves en eaux sont déjà mince. En conséquences et en sus de l'arrosage il faut quantité d'engrais pour l'aider à pousser sur des terres trop arides et ces engrais viennent polluer les rivières et nappes phréatiques du continent.


A l'étape de la transformation du coton il est plongé dans des résines synthétiques, puis blanchi à la soude et au chlore, enfin le coton est traité par voie chimique pour se débarrasser des résidus de fabrication (étape du désencollage) On s'arrête là pour les objets en cotons hygiéniques car les cotons destinés aux vêtements subiront eux encore de nombreux autres traitements. Néanmoins, à bon entendeur salut, il y a mieux pour s'occuper de ses fragiles paupières, ses oreilles et ses règles que ces cotons blanchis au produit chimique, et qui assèchent ou polluent les cours d'eau des pays du tiers monde.


Il existe des labels biologiques pour s'assurer du respect de l'environnement et des cotons non blanchis, mais même dans ce cas ses produits sont ils vraiment indispensables ? N'existe il pas des lingettes en tissus démaquillante réutilisables, n'existe t'il pas des serviettes hygiéniques moins gourmandes en coton ou les coupes menstruelles ? Quand au coton tige, ce sympathique gadget n'est pas soutenu par la science qui nous affirme qu'ils ne font en fait que repousser le cérumen dans l'oreille.


5. Les déboucheurs de toilettes, les lingettes et spray nettoyants



Cela peut paraître une évidence mais tous les produits qui fonctionnent à coup d'empilage de chimie sont des plaies pour les organismes aquatiques. C'est en général marqué sur la bouteille, avec le symbole de la tête de mort. Il paraît peut être moins évident qu'une fois dans les toilettes, le lavabo ou la douche, ces produits vont se retrouver dans les eaux usées et que les produits chimiques ne sont pas totalement filtrés avant d'être relargués dans les rivières et océan ou dans les nappes phréatiques par infiltration. Les stations d'épuration ne traitent pas les micropolluants.


60 millions de consommateurs a dressé deux fois la liste des produits d'entretien toxiques pour la santé et l'environnement, en 2016 et en 2019. Chaque fois les résultats ont été très mauvais avec seulement quelques bons élèves se démarquant parmi les produits biologiques. Le palmarès des pires toxiques revient aux lingettes et aux spray désinfectants. Quand à la soude caustique contenue dans les déboucheurs de toilette, elles s'attaquent à tous les organismes et perturbent inévitablement la faune et la flore. Pour réaliser ces tests, le magazine explique qu’obtenir la liste des ingrédients de chaque produit a été particulièrement difficile car la loi n'impose aux fabricants que d'indiquer les grandes familles des composants avec leur concentration approximative.



En Europe ce sont environ 70 milliards de lingettes qui sont consommés chaque année, soit environ 1 kilo de lingettes par personnes et pas an. Un chiffre monstrueux quand on sait que l'on pourrait s'en passer en utilisant comme autrefois des chiffons d'une part et des produits plus naturels sur ces lingettes d'autre part. Par ailleurs la plupart de ces lingettes finissent dans les toilettes car il est marqué sur les emballages qu'elles sont biodégradables et peuvent y être jetés. Un scandale qui coûte à la nature, et qui coûte également aux contribuables car les lingettes s’accrochent aux jonctions présentes dans les canalisations des eaux usées et finissent par bloquer les pompes. Les lingettes génèrent ainsi un surcoût de 500 à 1000 millions de dollars dans les stations d'épuration européennes.

6. Les désodorisants pour intérieur



S'il y avait un concours du produit le plus inutile, le désodorisant pour intérieur arriverait sans doute en tête de liste, car il est inscrit sur la boite des désodorisants « à utiliser seulement en plein air ou dans un endroit bien ventilé » Donc on parle d'un produit destiné à être utilisé à l'intérieur mais qu'on ne peut utiliser qu'en plein air ou en ouvrant les fenêtres... A ce moment là, autant aérer directement chez soi pour faire partir les odeurs que l'on voudrait camoufler...


Si l'on nous demande d'aérer c'est que les produits que contiennent ces désodorisants ne sont pas vraiment anodins pour la santé et la qualité de l'air : du limonène, du formaldéhyde, mais aussi du benzène, du benzaldéhyde et du β-pinène, en un mot des polluants préoccupants pour les hommes et tous les êtres vivants.


Il existe pourtant de nombreuses solutions tellement plus naturelles, sympathiques et poétiques : le bouquet de fleurs, le pot pourri, le pur et simple diffuseur d'huile essentielle, les bâtonnets de bois que l'on plonge dans une jolie bouteille de parfum et qui diffuse subtilement par capillarité.

7. Les bougies parfumées et le papier toilette parfumé


Même bêtise que précédemment en plus bête et plus cucu. Les bougies parfumés minérales, parfumés ou non, dégagent du benzène et du formaldéhyde. Une bougie industrielle pollue déjà car les bougies sont faites à partir des résidus solides du pétrole mélangé à d'autres ingrédients nocifs pour obtenir une pâte lisse et homogène, ainsi qu'un peu d'eau de javel. Dans une bougie parfumé on en rajoute une couche avec des parfums synthétiques. Tous polluent aussi bien à la fabrication qu'une fois au domicile.

Le papier toilette parfumé se passe de commentaire. On ne saura pas de toute façon quelle est la composition des produits car aucune loi n'oblige à mentionner quoi que ce soit.


8. Les capsules de café



Les capsules de café sont pratiques pour les amateurs de café pressés, néanmoins que de déchets...Entre l'emballage de la capsule et le suremballage, le café en dosette produit 10 fois plus de déchets que le café en sachet.. Si ce n'était que cela, mais il ne s'agit pas de n'importe quel déchet, et le café n'est pas consommé de manière anecdotique. Une capsule c'est du marc de café et de l'aluminium, or la production d'aluminium, nous l'avons vu, pose de gros problèmes environnementaux. Quant à la consommation des capsules de café en France et pour une année, elle s'élève à plus de 1 milliards de dosette pour la seule marque Nespresso.


Les marques expliquent que l'aluminium est un matériaux recyclable à l'infini, cela est vrai, mais faudrait il encore qu'il soit réellement recyclé (moins de 15% des capsules sont recyclées dans les points de collecte) et le recyclage implique également une consommation énergétique...


La solution ou plutôt les solutions ? Dénicher des capsules réutilisables et lavables en inox OU opter pour la marque qui propose des capsules biodégradables comme Terramoka, OU tout simplement opter pour la cafetière traditionnelle où l'on dose son café tout seul.


9. Le Jean



En France, il se vend 63 millions de jean chaque année, dont le monde, c'est 2 milliards. Le jean est un pur produit de la mondialisation. Le coton vient d'Asie, la teinture bleue d'Europe, le pantalon est confectionné dans un pays, puis délavé dans un autre, il parcourt souvent des milliers de kilomètres pour sa fabrication. Le bilan écologique du jean est explosif mais pas seulement en raison de son transport à travers le monde, le jean accumule toutes les tares. Il est fait en coton, la culture organique la plus polluante de la planète. Il est teinté avec des produits toxiques contenant des métaux lourds qui entraînent la pollution des eaux et des sols dans les campagnes environnant les lieux de productions (voir Xintang, la capitale chinoise du jean où les eaux sont d'un bleu très parlant). Il est délavé avec des centaines de litres d'eau (100 à 150 par jean). Et enfin, il est sablé pour lui donner un aspect vieilli, c'est à dire que l'on projette des particules de silice cristalline à très haute pression sur les pantalons. ¨Ces particules demandent d'une part l'extraction de silice et d'autre part portent préjudice à la santé des travailleurs.



Marée bleue due à la teinture des jeans, Xintang, Chine


Bien sûr, il est possible de trouver des jeans écologiques, que l'on payera beaucoup plus cher auprès de quelques marques spécialisés dans les produits respectueux de l'environnement, mais l'achat de jeans classiques a un lourd coût écologique et humain.


10. Passer son temps sur Facebook


Il aurait manqué une grosse part du gâteau si nous n'évoquions pas le poids du numérique, et en particuliers au sein de celui-ci, des réseaux sociaux. Internet représente 10% de la consommation mondiale d'électricité. Il s'agit d'une part de l'électricité utilisée par les particulier mais aussi l'électricité requise dans les datacenters et pour le voyage des données. Il est délicat d'aborder la question de la pollution numérique (en dehors de la pollution générée par la fabrication des ordinateurs, tablettes et téléphones) car internet est une source indispensable d'informations et une source de mobilisation pour l'environnement. Seulement voilà, à quoi passe leur temps la plupart des gens sur internet ? A se documenter ? Que nini...


En moyenne un français passe 1h45 sur les réseaux sociaux par jour et cela s'élève à 2h20 si l'on prend en compte l'ensemble de la population mondiale. Or publier sur sa vie quotidienne et regarder ce que font ces amis à l'autre bout du monde ou ses connaissances perdues de vue est une perte de temps et d'énergie. Presque 2h quotidienne passée sur les réseaux sociaux c'est l'activité de ceux qui sont en recherche d'activités … la socialité de ceux qui sont en recherche de socialité, de l'air, du vide, de la vie par procuration qui ne coûte pourtant pas que du vent à la planète.


Avec la 4G puis la 5G, ce temps passé sur les réseaux sociaux explose encore davantage, car non contente de se connecter une fois par jour sur leur ordinateur, la population se connecte maintenant à longueur de journée, dans les transports en communs, au travail, au café, chez les amis. En fait, le téléphone est la plupart du temps branché sur internet pour recevoir les messages whats app.... Alors que la consommation internet sur le téléphone est encore plus coûteuse d'un point de vue énergétique que sur ordinateur. Mais, il n'est pas nécessairement facile de faire prendre conscience des impacts négatifs d'un whats app allumé toute la journée tellement « être branché » est devenu une seconde nature pour certains...

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A cette liste il faudrait bien sûr ajouter tous les objets en plastiques inutiles et facilement remplaçables par des objets durables conçus dans des matériaux plus résistants, non jetables. Et il faudrait ajouter presque l'intégralité du nouveau marché des objets connectés. Il est évident, que si nous voulons tout connecté sur cette planète, même les poteaux de rue équipés de la 5G, même les feux de circulation, même le frigo, même le miroir de la salle de bain, même notre montre, même notre jardinière etc.... il faudrait une source d'énergie inépuisable, ce que nous n'avons pas. Cette fuite en avant technologique et peut être aussi robotique ne peut que conduire à la destruction des ressources de la planète, si ce n'est de l'humain en premier lieu.


C++


Notes sur le copyright :

SolidEre UniVers autorise les internautes à republier le début de nos articles avec un lien vers notre site pour "lire la suite". En revanche, nous n'autorisons pas la republication des articles en entier. Merci!

Quelques sources :

Aluminium :

https://www.notre-planete.info/actualites/4397-boues-rouges-pollution-Mediterranee

https://www.sauvonslaforet.org/themes/aluminium

https://news.mongabay.com/2020/06/mrn-bauxite-mine-leaves-legacy-of-pollution-poverty-in-brazilian-amazon/

https://www.diva-portal.org/smash/get/diva2:1130590/FULLTEXT01.pdf (études sur la pollution et les matières premières)

https://www.dailymotion.com/video/x11ymga (document Arte - Planète Alu de Bert Ehgartner )

Liseuse électrique :

https://www.rse-magazine.com/Le-livre-papier-plus-ecolo-que-le-livre-numerique_a2582.html

Coton :

https://www.weebio.fr/culture-bio/culture-coton-pollution/

https://www.encyclo-ecolo.com/Coton

Produits ménagers :

https://www.consoglobe.com/substances-cache-destop-cg

https://www.ladepeche.fr/article/2016/04/12/2323441-produits-entretien-liste-noire-60-millions-consommateurs.html

https://www.60millions-mag.com/2021/12/23/les-lingettes-nettoyantes-un-veritable-desastre-19491

https://www.huffingtonpost.fr/entry/60-millions-de-consommateurs-alerte-sur-les-produits-menagers-toxiques_fr_5d64cd1ee4b008b1fd202054

Le Jean :

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/consommation-le-jeans-est-un-des-produits-les-plus-polluants-au-monde_1264025.html

https://www.monquotidienautrement.com/dossiers/jean-incontournable-ultra-polluant-garde-robe-mode/

Les capsules de café :

https://www.rhapsody-in.com/2019/01/25/le-cas-des-capsules-de-cafe-entre-pollution-et-greenwashing/

Les réseaux sociaux

https://www.greenpeace.fr/la-pollution-numerique/