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Les Cités Végétales de Luc Schuiten, de l'Utopie à la Réalité

Dessinateur de bandes dessinées, architecte futuriste, Luc Schuiten est probablement une des figures clés de la reconnection de l'Homme à la Nature. Les Cités Végétales de Luc Schuiten nous transportent dans un monde où l'Homme vit dans un échange donnant-donnant avec son environnement. Cités poumons verts, de beauté, non bruyantes, vivantes, et non moins structurées que les plus grandes métropoles, faut-il parler d'imagination ou de claire-vision ? 

 

 

 

 

 L'Architecte développe principalement trois concepts de construction donnant vie à trois modèles végétaux urbains.

 

 

1  Le modèle de la Cité Forestière

 

Le modèle de la Cité forestière s'articule autour de la vie dans les arbres (ou entre les arbres) grâce à des murs et fenêtres plus ou moins élastiques en biotextile. En mixant ces biotextiles avec d'autres éléments, comme du sable, certains minéraux, il serait possible de leur donner des propriétés d'imperméabilité, d'isolation thermique ou de dureté.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La fibre biotextile idéale ?

 

La toile d'araignée ? " La toile d'araignée est une des fibres considérées comme l'une des plus solides de la nature. Elle résiste aux lourdes charges et aux impacts, est extensible jusqu'à 140 % sans se rompre.... La matière synthétique de toile d'araignée est déjà utilisée dans les gilets pare-balles. Car outre sa très grande résistance et son imperméabilité, elle est d'une légèreté sans pareille!

 

Thomas Scheibel, biochimiste a mis au point la toute première soie d'araignée par génie génétique et obtenu pour cette découverte le prix de l'inventeur européen 2018 dans la catégorie PME.

 

 

Monsieur Schuiten évoque d'autres biotextiles au sénat ( extrait - source : http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20161017/prospective.html)  :

 

 

"Pourquoi ne pas nous inspirer de la libellule pour produire du bioverre, complètement transparent, dont les qualités techniques pourraient, un jour, influencer nos constructions et créer des environnements très différents ?" Luc Schuiten

 

       Aujourd'hui on connait le verre de diatomée...pour reproduire les design de la libellule 

 

En parlant de bio-textile solide et translucide, on sait désormais que les diatomées, micro-organismes cellulaires qui vivent dans l'eau, fabriquent du verre naturellement et qu'il est possible d'exploiter ou d'imiter ces bactéries pour créer du verre biogénique....

Jacques Livage, membre du collège de France explique cette découverte   https://www.youtube.com/watch?v=bXKTFE-9x6s

 

"L'ensemble (des bâtiments) serait surmonté d'une couverture d'un hectare de capteurs solaires : par la photosynthèse, la feuille capte l'énergie solaire, la transforme en électricité et ses photons peuvent très bien être utilisés pour nos besoins électriques. Au Japon, un laboratoire fait tourner ses ventilateurs à partir de la photosynthèse (...) En nous inspirant de ce savoir-faire, nous pourrions créer des habitations à partir d'une structure archiborescente refermée par un film, une sorte de biotextile transparent ou translucide, isolant, captant l'énergie solaire."  Luc Schuiten au sénat

 

 

    (Oui c'est vrai! En France la Start-up Bioo Lite s'est spécialisée dans la production d'électricité par photosynthèse)

 

 

Une autre variante de la cité forestière, la Citée Tressée

 

Les arbres encore jeunes peuvent être tressés comme on tresse le saule  dont chaque branche plantée en terre à la capacité prendre racine et de devenir un tronc. Au fur et à mesure du temps, ce tressage vivant s'élargit et se solidifie pour pouvoir supporter le poids d'une habitation à étage. (Ci-dessous, une plantation en cours de croissance)

 

La cité tressée de Luc Schuiten est faite à partir de "figuier étrangleurs"

 

 

 

Enfin, dans les pays pluvieux, Luc Schuiten imagine la cité Lotus dont la culture de feuilles géantes de Nénuphar permet de bénéficier des propriétés hydrophobes de la plante.

 

 

 

 

 

 

2  Le modèle de la Cité Potagère ou à Gratte-ciel vert

 

La Cité potagère est un concept plutôt facile et déjà à l'étude à petites échelles. Elle s'articule autour de la culture en terrasse et balcons, le développement de serres ou de promenades vertes sur les toits, les bâtiments-vergers, et la croissance de plantes sur les façades existantes.

 

 

 

 

Les Milanais et les chinois ont déjà mis à profit le concept...

 

 

 

A gauche, à Milan, un hectare de forêt pousse sur deux buildings, quartier de la Puerta Nuova.

 

A droite la modelisation de la ville de Liuzhou (Liuzhou forest city), en Chine, dont les travaux ont commencé. Pas un seul bâtiment qui ne sera recouvert de végétation, plus de 40 000 arbres, et un modèle d'urbanisme autosuffisant grâce à la géothermie et à une multitude de panneaux solaires. La ville-forêt sera reliée à Liuzhou centre par une ligne rapide utilisée par des voitures électriques. Les deux entreprises sont signées par l'architecte italien Stefano Boeri

 

 

Et dans notre propre capitale, Paris, l’architecte belge Vincent Callebault et le cabinet d’ingénieurs SETEC bâtiment ont répondu à un appel d’offres de l’Agence de l’écologie urbaine de la ville de Paris et ont été sélectionnés pour plancher, pendant 4 mois, sur le Paris de 2050. Le projet nommé "Paris Smart City 2050" et qui fait référence à une ville écologiquement intelligente (et non pas à une ville ultra connectée comme le "Dijon Smart City!) propose des prototypes de tours à énergie positive, une ville verdoyante capable de faire face à population nombreuse, tout en proposant un cadre de vie paisible et suffisamment vert pour satisfaire les besoins vitaux de l'être humain.  La vidéo de présentation nous donne à découvrir une ville, qui n'est ni plus ni moins qu'un prolongement de la vision de Schuiten, mais dûment brevetée. 

 

 

 

 

 

 

3  Le modèle de l'Urbacayon

 

 

Le modèle de la Ville Canyon, faite de différents blocs minéraux cultivés à leur surface ou accueillant des bassins, est un modèle qui serait potentiellement réalisable grâce aux progrès des imprimantes 3D. En effet, ces imprimantes peuvent désormais imprimer à base de matières naturelles comme le sel, le sable pour former de la roche. 

 

 

 

 

Pour en savoir plus sur les imprimantes capables de reproduire des blocs de type coralliens, il faut se rendre à Bonaire, sur une petite île des Caraïbes où les premières imitations corails à base de sable viennent au secours de l'écosystème marin :

 

 https://www.youtube.com/watch?time_continue=103&v=UshdJNgHO0I


En plein Sahara, grâce à l'énergie solaire et à sa petite imprimante, Markus Kayser imprime des structures de pierre à partir du sable  :

 

https://www.youtube.com/watch?v=L2dvwdbQshQ

 

 Monsieur Schuiten évoque une piste mystérieuse  :du bio-béton!

 

"Je peux encore vous parler d'un « biobéton » fabuleux : jamais nous n'avions réussi à faire un béton aussi prometteur. Il est fabriqué par un petit mollusque, grâce à ce qu'il prélève dans son environnement, sans déranger personne. Il absorbe le CO2 au lieu d'en produire. Or, il faut le savoir, la fabrication du béton est la deuxième plus importante source de production de gaz à effet de serre, parce qu'il faut cuire des roches à 1 500°C pour évacuer le CO2 que celles-ci ont mis des millions d'années à constituer (...) Bonne nouvelle : le biobéton a d'ores et déjà permis de fabriquer un bol et un banc. On ne sait pas encore le faire à une échelle industrielle, mais on apprend. Le monde de demain pourrait s'inspirer de ce que la nature a mis au point depuis tellement longtemps." Luc Schuiten au sénat  

 

 

Et c'est pour quand ?

 

 

 D'abord, commencer petit....par de petites touches végétales en biotextiles, en balcons... à adapter aux bâtiments en ville, ou dans la nature avec des micro-logements

 

 

Et avoir une vision à long terme ! Ci-dessous, l'évolution de la ville de Shanghai

 

   2000                               2025                          2050                             2075                            2100

 

 

 

 

"Pour les gens qui veulent bâtir un modèle de société en croissance infinie sur une planète déjà surexploitée, le mot utopie signifie l'illusion d'un rêve impossible à réaliser qui ne s'applique pas à leurs projets.

Pour nous qui cherchons à construire un nouveau modèle de société durable, dans une symbiose avec notre environnement naturel, le mot utopie veut dire simplement, un possible qui n'a pas encore été expérimenté" Luc Schuiten

 

 

C++

 

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